L’influence de la franc-maçonnerie dans les armées

La franc-maçonnerie renaît en Écosse le 24 juin 1717, au solstice d’été. Depuis la guerre de Sept-Ans, et aux contacts avec les militaires anglais notamment, les effectifs des officiers maçons sont en constante évolution. C’est la naissance de la première obédience maçonnique par la réunion de quatre loges londoniennes en une seule, la Grande Loge de Londres. La Révolution française porte un coup d’arrêt à cette évolution, malgré l’appartenance à la franc-maçonnerie de Babeuf, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois, Danton, Robespierre, Saint-Just. Le retour à la permissivité des cultes et la signature du Concordat ravivent le courant maçonnique. Elle va se développer de manière intense dans les armées napoléoniennes.
Par Alain Pigeard, docteur en histoire et en droit, président du Souvenir napoléonien

Dès 1797, le Grand Orient annonce qu’il reprend «force et vigueur». Sous le Consulat et l’Empire, la franc-maçonnerie prend en quelque sorte le relais des cultes révolutionnaires. Le 22 messidor an VII (10 juillet 1799), les deux principales branches de la maçonnerie, la «Grande Loge de France» et le «Grand Orient» fusionnent et reprennent tous les pouvoirs de l’ancienne «Grande Loge de France ». À la suite de ces accords, le grand vénérable fait accepter à toutes les loges françaises le « rite moderne » ou « rite français » à « sept degrés » (apprenti, compagnon, maître, élu, Écossais, chevalier d’Orient et chevalier de la Rose-Croix). Le 31 mai 1801 est fondé à Charleston (États-Unis) le Rite Écossais Ancien et Accepté, avec 33 degrés. En 1803 apparaît le Rite Écossais, aux très nombreux degrés, qui est alors importé d’Amérique. Louis Bonaparte est Grand-maître du Suprême Conseil du 33e degré. En 1805, Joseph devient Grand-maître du Grand Orient et Louis est son adjoint ; en 1806, Cambacérès succède à ce dernier. L’Empire tolérera la variété des rites, à un ou deux près. Jamais la franc-maçonnerie ne sera aussi florissante en France que sous Napoléon Ier. En 1811 s’ouvre une grande enquête menée par les préfets sur l’appartenance politique des frères et le Grand Orient décide que les Israélites D peuvent être initiés. En 1813, les frères Joseph, Marc et Michel Bédarride fondent le rite de Misraïm. On comptait en 1 814 au Grand-Orient 1 223 «ateliers» groupés en 886 «loges » et 337 « chapitres ». Comme les trois grandes religions d’alors, la franc-maçonnerie constitua l’un des supports du régime impérial.

En 1805, les régiments de la première Grande Armée comptent une centaine de loges maçonniques qui relèvent de l’obédience du Grand Orient de France. L’infanterie étant la plus exposée dans les batailles napoléoniennes, c’est naturellement dans ses rangs que les loges sont les plus nombreuses ; on en trouve quarante-deux dans la ligne et dix-huit dans la légère, avec une moyenne de 10 % d’officiers. Le nombre est beaucoup plus restreint dans la cavalerie, ce qui n’empêche pas les officiers de ces régiments de fréquenter les autres loges militaires ou même les loges civiles quand il y en a dans les villes. Les maçons dans les régiments d’infanterie sont avant tout des officiers supérieurs. [...]

  Retrouvez l’intégralité de l’article dans le n°81 en vente en ligne sur hommell-magazines.com.

Les commentaires sont fermés.