Le combat d’Ebelsberg

Bien que qualifié de combat, cet affrontement violent, entre Autrichiens et Français, demeure l’un des engagements les plus durs de l’Empire. Napoléon parle de ce combat comme d’une « sottise » alors que tous les témoins le décrivent comme une « horrible boucherie ». Après la série de victoires en Bavière, dite « campagne des cinq jours », Napoléon poursuit son plan et prépare sa marche sur Vienne. De son côté, l’archiduc Charles renonce à son plan trop audacieux de reprendre l’offensive en traversant le Danube. Il préfère regrouper ses forces et indique le point de jonction des armées autrichiennes qui sera Linz. Hiller reçoit donc l’ordre de rejoindre cette ville.
Alain Pigeard – Docteur en histoire et en droit

Après le combat de Neumarkt (24 avril), Hiller, apprenant la retraite de l’archiduc Charles, se met en marche pour se replier derrière l’Inn. Le 1er mai, Hiller dépasse Wels et reçoit l’ordre de se maintenir à Linz jusqu’au 6 mai. Le 2, Hiller gagne Linz et couvre la ville avec son corps d’armée et celui de l’archiduc Louis. Pendant ce temps, Masséna réunit son corps d’armée à Schärding où il rallie la division Boudet. Le maréchal a pour objectif de manoeuvrer sur le flanc d’Hiller tandis que Napoléon poussera ce dernier de front. Le pont de Burghausen n’ayant pu être rétabli que le 30, Masséna suspend son mouvement pour attendre le gros de l’armée.

Le plan de bataille des deux armées

Le 1er mai, il reprend sa marche avec pour objectif de s’emparer du pont d’Ebelsberg sur la Traun. Le 2 mai au soir, l’avantgarde de Masséna dépasse Eferding, refoule les avant-postes autrichiens et s’arrête devant Linz. Telle est la situation avant le violent combat qui va se dérouler. Le 3 au matin, Masséna arrive devant Linz à la pointe du jour; il y entre, culbute quelques postes autrichiens et s’empare de la ville. Le général Hiller dispose d’un peu plus de 40000 hommes. Son armée comprend le 5ecorps autrichien sous les ordres du jeune et inexpérimenté archiduc Louis, du 2e corps de réserve du général Kienmayer qui forme l’arrière-garde et de son propre corps, le 6e. Masséna va s’engager à fond contre ces troupes en utilisant la cavalerie légère de Marulaz, les cuirassiers du général Espagne et les divisions d’infanterie Boudet, Carra Saint-Cyr, Claparède et Legrand ; signalons qu’une faible partie des troupes de Masséna arrivera à temps sur le champ de bataille. Charles prescrit à Hiller de le rejoindre sur la rive gauche du Danube, mais le général autrichien reçoit directement de l’Empereur d’Autriche l’ordre de défendre la route de Vienne, qui passe par Linz et ensuite le pont d’Ebelsberg. Masséna va donc tenter un coup de main contre le petit corps d’Hiller, qui occupe, sur la rive droite de la Traun, une forte position garnie d’artillerie, dominant toute la rive gauche et accessible seulement par un étroit pont de bois, long de 500 mètres et prêt à être incendié. […]

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